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Le blog de la souris jaune

Un avenir :)

7 Novembre 2011, 21:04pm

Publié par la souris jaune

v-C3-A9ronique-bizot-un-avenir-actes-sud-158x300-1-.jpgJ'aime beaucoup ce livre. J'avais déjà adoré "Mon couronnement", et quelque part, malgré les réticences de ma bibliothécaire préférée (sic) qui auraient pu me faire douter, la lecture de Véronique Bizot a encore été un véritable plaisir.

J'aime la façon dont elle nous révèle ce personnage complètement incongru au départ, la façon dont elle lui donne au fil du récit de plus en plus de densité, à travers ses souvenirs familiaux. J'aime les visions qu'elle fait naître de cet homme seul, au milieu de nulle part ou presque, appelé (par une lettre) par son frère à venir, alors qu'il dit être parti et au plus mal, à venir donc vérifier dans sa maison s'il n'a pas oublié de couper le robinet du 2ème étage ; son arrivée dans cette maison vide et froide, hantée par ses souvenirs d'enfance et de jeunesse ; ce type qu'on imagine enroulé dans sa couverture, avec son gros bonnet et son anorak ; et la neige qui commence à tomber, et à tomber encore, et lui, cloué dans cette maison qui en prend son parti, et commence à organiser sa vie en attendant... J'aime le flot des pensées, qui font récit, qui s'enchainent, matérialisées par une majuscule lorsqu'elles arrivent dans la phrase, flot anarchique (ou pas) des pensées. De même que celui de la fièvre, qu'il raconte alors qu'il est perdu dans un village d'Asie... Son passage à l'enterrement de cette vieille dame qu'il ne connaît pas, parce qu'il faut bien passer le temps ; l'histoire de ce village coupé en deux, avec un haut et un bas, inconciliables, et surtout pas par ce téléphérique qui n'aura vécu que neuf secondes avant de s'écrouler sur les rochers... Son passage chez la locataire de la maison de ses souvenirs, la famille des quatre filles Linel, et comment il se coule dans l'histoire de cette vieille ex-actrice, mariée à un archéologue amnésique... Et son geste final, de survie et d'amour... Vraiment, j'aime beaucoup ce moment passé avec les personnages de Véronique Bizot, à tous coups !

 

. Un Avenir, Véronique Bizot, éd. Actes Sud, août 2011.

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...78

5 Novembre 2011, 16:06pm

Publié par la souris jaune

"Cette inquiétude se manifeste à l'improviste et de façon hétéroclite, elle atteint généralement son point culminant quand ma vigilance se relâche et que j'en viens imprudemment à combiner un nombre excessif de motifs de satisfaction, si bien que tout sentiment d'allégresse est chez moi aussi fugitif qu'un appel d'air entre deux trains qui se croisent à grande vitesse".

Véronique BIZOT

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...77

5 Novembre 2011, 10:51am

Publié par la souris jaune

"Les plaisanteries sont ainsi faites pour mettre les pieds dans le plat tout en évitant d'approfondir".

Christophe ANDRE

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La délicatesse

2 Novembre 2011, 21:02pm

Publié par la souris jaune

34846591_8133674-1-.jpgCe n'est pas mon premier Foenkinos. J'avais déjà lu "Le potentiel érotique de ma femme", et "Nos séparations". On me parle de La Délicatesse depuis longtemps : on peut dire que c'est celui que je préfère, même si je ne suis pas une inconditionnelle de Foenkinos !

J'ai aimé les petites notes de bas de page décalées, comme celle où le personnage évoquant des soucis avec ses jambes trop longues au théâtre, l'auteur renvoie en bas de page 1. : pensée bien inutile, la location des jambes plus courtes n'existant pas. Celle-ci m'a fait rire. L'histoire ? Elle est mariée et éprise follement de son François, qui, un jour, va courir, et se fait renverser par un camion. Et meurt. On va suivre alors ce personnage féminin, son quotidien, marqué par sa souffrance. Comment elle vit avec, et comment petit à petit, à son insu, elle finit, les mois et années passant, par reprendre pied dans la vie. Il joue sur les multiples sens du mot "délicatesse", puisque le mot signifie le fait d'être sensible, délicat, mais aussi le fait d'être en délicatesse, en difficulté...

Cela dit, je trouve que ses personnages et situations ressemblent à des théories ; je trouve Foenkinos très cérébral, provoquant un plaisir fugace et juste mental, jamais émotionnel. Je ne ressens rien, à la lecture de Foenkinos... Sans doute est-ce aussi pour cela que j'oublie relativement vite ses livres ; seuls émergent encore de mon souvenir quelques épisodes suffisamment insolites pour qu'ils m'aient marqués ; toutefois, je pense que ce livre comme les deux autres, va sombrer dans l'oubli pour mon coeur relativement rapidement...

 

. La délicatesse, David Foenkinos, Folio Pocket.

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...76

28 Octobre 2011, 17:41pm

Publié par la souris jaune

"Il y a dans le deuil une puissance contradictoire, une puissance absolue qui propulse tout autant vers la nécessité du changement que vers la tentation morbide à la fidélité au passé".

David FOENKINOS

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Le coeur d'une autre :))

16 Octobre 2011, 21:29pm

Publié par la souris jaune

9782253127727-1-.jpgLisant depuis quelques livres des romans plutôt plats, j'avais craint que soudain, ma passion pour la lecture était morte sans crier gare. Envolée. Me voila soulagée grâce à ce livre : elle est intacte !! J'ai dévoré ce livre, incapable de le lâcher du début jusqu'à la fin. L'intrigue est très très attachante, on a inévitablement envie d'en savoir plus, à partir de ce point de départ : l'homme, Bruce Boutard, plutôt beauf et inintéressant est atteint d'une maladie du coeur. Pour survivre, une seule solution : recevoir une greffe. Et force est de constater que cette greffe, ce nouveau coeur, le transforme. D'autant que ce coeur est... un coeur de femme. L'homme qui ratait sa vie devient sensible, raffiné, se met à aimer le rouge "Garance", Mozart et Paolo Ucello... Pour comprendre ce qui lui arrive, il va traquer l'identité de son donneur...

Et c'est assez étonnant de lire Joël de Rosnay (son père), nous dire, dans une préface, arguant de "l'épigénétique", toute nouvelle science (postérieure à la génétique et la toute puissance de l'ADN) : et pourquoi pas ?? Servant nos rêves de midinettes...

 

. Le coeur d'une autre, Tatiana de Rosnay, Livre de Poche (paru en 1997, réédition mai 2011)

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La confusion des peines

8 Octobre 2011, 21:34pm

Publié par la souris jaune

9782234070141-1-.jpgC'était en 2000. Un certain Jean-Pierre Tardieu est alors jugé coupable de corruption : le cadre de la Compagnie Générale des Eaux a versé 4 millions d'euros au parti socialiste de la Réunion pour raffler le marché de l'eau.

Il tombe alors, avoue après avoir nié, est condamné. Fait appel de la décision, et est condamné plus durement. Laurence, l'auteur, donc, c'est sa fille. Avec son cinquième roman, elle revient sur cet ultime épisode de sa vie, qui a changé son monde. Et surtout, elle écrit, via ce livre, une lettre au père. Une déclaration d'amour et une supplique, destinée à faire sortir celui du silence qui constitue sa ligne de vie. Qui fait qu'on ne parle pas des choses essentielles. Laurence nous donne à voir un être comme on en connaît. La distorsion entre elle et nous, c'est qu'elle l'aime, et qu'à nos yeux, ce personnage ne devient guère sympathique. On s'en fiche de ce type qui a une vie dorée, et qui n'aime que sauver les apparences ! On se dit parfois qu'une fois qu'elle a exprimé son rapport souffrant au silence, au non-dit, qu'on comprend, qui nous touche tous, elle a tout dit. Mais était-ce nécessaire d'en faire un livre ? pour elle, oui, et pour son père, sans doute ; elle est la fillette, en pleine transgression de l'ordre du père (de ne pas écrire ce livre), mais... est-ce que ça nous concerne ? On assiste à une confession intime et un appel au secours, et l'on se dit finalement, qu'heureusement que tous ceux qui auraient besoin de dire certaines choses à leur père, ou plutôt des questions à lui poser n'écrivent pas un livre ! Même si (et ça c'est intéressant) on a tous des monstres cachés en nous qu'on retient, qui nous empêchent de parler et qui n'effraient que nous...

Bref : intéressant, par certains aspects, bien sûr, touchant parfois, mais... on doute qu'un livre entier sur cette seule question était bien nécessaire. On reste un peu sur sa faim.

 

 

. La confusion des peines, Laurence Tardieu, éd. Stock, sept 2011

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...75

7 Octobre 2011, 22:45pm

Publié par la souris jaune

"Dans l'amour on cherche à rejoindre l'autre dans ce qu'il a de plus secret et que seul parfois le corps finit par livrer, dans un cri que nul mot ne pourra jamais remplacer".

Laurence TARDIEU

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...74

5 Octobre 2011, 20:55pm

Publié par la souris jaune

"N'est-ce pas en cela que le silence est plus effrayant que n'importe quel aveu : on s'y enlise mais on n'en a pas conscience. On se noie sans le savoir. Car il nous enserre, nous pénètre, et on ne le sens pas, on continue à vivre tandis qu'il prend possession de nous, tandis qu'il nous étouffe. Et lorsque soudain on s'en aperçoit il est trop tard : le silence nous a eu, il a absorbé quelque chose de nous, quelque chose d'intime qui nous appartenait - le silence emporte avec lui une part de nous-même".

Laurence TARDIEU

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...73

27 Septembre 2011, 17:24pm

Publié par la souris jaune

"Il faut beaucoup de chance et d'intégrité pour survivre au don d'une beauté parfaite dont le caractère éphémère est la trahison la plus sournoise".

Pat CONROY

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