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Le blog de la souris jaune

...138

8 Mai 2012, 22:20pm

Publié par la souris jaune

"Une salle d'audience est le seul endroit où un homme a le droit à un traitement équitable, de quelque couleur de l'arc-en-ciel que soit sa peau".

Harper LEE

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...137

6 Mai 2012, 11:10am

Publié par la souris jaune

"Le courage, c'est savoir que tu pars battu, mais agir quand même, sans s'arrêter"

Harper LEE

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Je ne suis pas celle que je suis

1 Mai 2012, 10:17am

Publié par la souris jaune

9782081227545-1-.jpgLe récit commence en 1994 par deux (courtes) séances de psychanalyses, à Paris, mi-drôles, mi-tragiques, où l'héroïne est aux prises avec ses démons intérieurs et incapable de parler. Puis, bond dans le temps et retour en arrière, 1990, Iran : la même jeune femme quatre ans plus tôt... On découvre donc avec lenteur comme la construction de ce récit, l'histoire de la narratrice. Pour guérir, pour se dire au psychanalyste comme à nous-même, elle va devoir procéder au dévoilement de soi, comme on épluche un oignon...

Pas facile d'écrire sur ce livre. De décrire ce qui constitue la mosaïque de cette oeuvre. Le fait est que la narratrice nous livre pas à pas, petites touches par petites touches, son histoire. Non, pas son histoire, on ne peut surtout pas l'affirmer, et tel est le souhait de l'auteur, qui dans une pirouette à la fin du livre se joue une ultime fois de la réalité en nous disant, surtout, ne me demandez pas si cette histoire est la mienne... Et c'est bien le propre de ce livre, le crédo sur lequel il repose à de très nombreux niveaux : manipuler la réalité, jouer avec elle, l'ignorer ou la transcender sert à survivre. C'est ce que fait l'enfant pour supporter sa dure existence d'enfant, de fille, dans une famille traditionnelle iranienne ; son esprit s'échappe, elle meurt à elle-même (et son corps la trahit, puisque ça fait l'objet de longues discussions avec son analyste) ; ce que fait la jeune femme, tête brûlée, en se rêvant un autre destin, en prenant la peau d'un homme la nuit, pour qu'autre chose existe. Et c'est le lot de la femme devenue adulte, installée à Paris, qui s'obstine à faire cette psychanalyse, mais se cache, fuit, derrière de multiples visages, pour retarder le moment terrible, écho insupportable à la souffrance primaire, de dire. Bref, c'est l'histoire d'une femme iranienne, coincée dans le carcan de la société iranienne. La vie qu'elle nous fait vivre par procuration à Téhéran lorsqu'elle est jeune femme, alterne avec ses "séances" de psychanalyse. Et là... on a très envie de dire qu'il s'agit là d'une acerbe remise en question de la psychanalyse, mais on pourrait encore se tromper. Car Chahdortt Djavann nous apprend sans doute à nous méfier de ce que l'on croit voir... Cela dit, on vit toutes les séances dans leur répétition ; et pour le coup, si la psychanalyse peut aider (La narratrice n'arrive t-elle pas à la fin du livre, après avoir lutté, résisté, hué, conspué son psy, à une embellie, une éclaircie par le langage, et à une réconciliation (par les mots) avec son père ?), le psychanalyste, lui, n'en ressort pas grandi. Et là, on sent tout le scepticisme qu'elle éprouve à l'égard d'un type souvent médiocre, aux prises avec sa vie personnelle, et qui n'assène à ses analysants que des "hum", et des "oui"... Je confesse d'ailleurs que ceux-ci, dans leur répétition m'ont parfois harassée, les séances en général d'ailleurs, car on avance peu, très peu, et même souvent on recule... Mais, n'est-ce pas habilement ce que l'auteur veut aussi nous livrer là, à travers la structure même de son roman (ou est-ce l'écriture iranienne ?) ? : il faut de nombreuses, très nombreuses séances pour parvenir à se dire, et aussi souvent on n'avance pas... Bref, réalité du livre insaisissable ou presque.

Ce qu'on sait en tout cas depuis le début, c'est que sa vie en Iran fut si terrible, que sa personnalité est complètement bousculée, modifiée, frontalière avec la folie ou la shizophrénie, d'où la psychanalyse... Et l'on sait que l'on avance dans la lecture vers l'horreur, ce qui contribue à la construction de quelque chose d'oppressant, à l'image de ce régime iranien qu'elle nous donne à voir : c'est oppressant comme une geole en Iran. On sait qu'on y va, et qu'on y va doucement. L'horreur arrive, l'horreur q'u'on imaginait... L'oppression des femmes en Iran, racontée de l'intérieur, nous fait toucher du doigt à quel point il est négation de la personnalité, et même de l'identité... Et toutes les horreurs que les femmes sont contraintes de subir, parce qu'on leur a nié leur légitimité.

Un roman à la fois simple et complexe, en tout cas très riche...

 

. Je ne suis pas celle que je suis, Chahdortt Djavann, éd. Flammarion. 2011

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...136

1 Mai 2012, 10:14am

Publié par la souris jaune

"Les années passant et avec le recul, vous ne savez plus si ce sont les incidents les plus improbables qui ont bouleversé à jamais votre vie, ou si c'est vous qui vous êtes jeté à corps perdu dans des situations extrêmes pour vous obliger à changer de vie".

Chahdortt DJAVANN

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...135

26 Avril 2012, 21:50pm

Publié par la souris jaune

"Un fantasme nous déçoit rarement, la réalité souvent'.

Chahdortt DJAVANN

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...134

26 Avril 2012, 21:49pm

Publié par la souris jaune

"La fatalité est l'excuse des âmes sans volonté".

Romain ROLLAND

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...133

25 Avril 2012, 09:00am

Publié par la souris jaune

"On a autant de préjugés et d'idées reçues sur soi-même que sur les autres. On croit se connaître, mais on se trompe souvent. Les situations extrêmes et extraordinaires nous révèlent, à notre grand dam, notre vraie nature, notre courage ou notre lâcheté. Seuls nos actes dans des circonstances exceptionnelles, nos choix face aux dilemnes nous prouvent qui nous sommes vraiment".

Chahdortt DJAVANN

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Brèves rencontres avec ma mère :)

24 Avril 2012, 16:02pm

Publié par la souris jaune

9782844207227.jpgRoman ado.

Dégoté par hasard, j'ai eu beaucoup de plaisir à lire ce livre. C'est l'histoire d'une jeune fille, Simone, qui vit une vie harmonieuse au sein d'une famille ouverte d'esprit. Un jour, ses parents lui annoncent que... sa mère veut la voir. Elle savait qu'elle était une enfant adoptée, mais elle avait relégué sa mère biologique dans un coin de son cerveau... Comme tout le monde insiste, l'existence de l'autre se fraie un passage dans son esprit ; elle accepte alors petit à petit cette idée qui vient tout chambouler, avant d'apprendre que cette mère est gravement malade. Et l'adolescente, qui milite dans une association anti-religieuse, va se retrouver fille de mère juive. Un pan de son arbre généalogique se lève alors, et elle découvre son passé, celui d'ancêtres inconnus : "Je repense aux arbres généalogiques. il y a l'arbre de ma famille. Je songe à l'erreur profonde que j'ai commise durant toutes ces années en l'imaginant comme un arbre solitaire, au tronc nu et dépouillé". Intéressant ce questionnement autour de : "l'acte de la mère biologique en forçant la porte de la fille abandonnée 17 ans plus tôt est-il égoïste, ou altruiste ?" Sans doute un peu des deux, en tout cas il pose la grande nécessité de savoir pour avancer. Cette mère, sachant qu'elle va mourir, lui donne la possibilité d'apporter des réponses à ses questions futures, et d'éclairer une partie de son être par ses racines.

Cette histoire est traitée avec une grande sensibilité, avec beaucoup de tact, d'humour, du point de vue de l'adolescente, jeune fille sensée de notre époque. Ce livre est tout à la fois une réflexion sur l'identité, son ancrage dans le passé, sur les religions, mais aussi sur l'amour, l'attachement, ou encore la mort. Et le tout est abordé avec finesse, et intelligence. 

 

• Brèves rencontres avec ma mère, Dana Reinhardt, éd. Thierry Magnier, 2009. (Traduit de l'anglais, Etats-Unis, 2006).

 

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G 229 :)

15 Avril 2012, 16:44pm

Publié par la souris jaune

9782283024782-1-.jpgC'est le titre de ce livre sur sa tranche qui m'a d'abord attiré. Qu'est-ce que ça pouvait être ? Un roman de science fiction ? Et puis j'ai vu que G 229 était le numéro d'une salle de classe ; et il y a eu cette phrase de la 4ème de couverture, prononcée par le proviseur, qui m'a intriguée : "C'est une institution l'école. Vous entrez dans un bulldozer. Il faut arriver à en devenir membre sans perdre son individualité. Ce n'est pas aussi facile qu'on le croit. Le "on et le je. Réfléchissez-y". J'ai eu envie de voir ce que l'auteur ferait de ce questionnement autour de l'identité dans un univers professionnel, et au sein d'une grande machine telle que l'Education nationale.

Et je ne regrette pas cette balade au gré des années, dans la salle G 229 ; la narration est légère, bien enlevée ; le ton choisi avec l'utilisation du pronom "on", ajouté à l'ancienneté de l'enseignant transmet l'idée des événements qui se répètent sans être pourtant jamais les mêmes. Il décline dans le temps des rituels scolaires qui nous sont tous plus ou moins familiers, parce que nous avons aussi été lycéens, et ça nous fait sourire...

Le récit ne manque pas d'humour, tel celui du voyage pédagogique en Angleterre qui m'a bien fait rire ! En outre, le regard est bienveillant, le ton plein d'humilité : j'aurais détesté un ton professoral, condescendant ou donneur de leçon, et on est très loin de ça !

Le personnage principal, professeur d'anglais dans le même lycée pendant trente ans, regarde le temps passer... Il rappelle les bons moments, comme ceux plus douloureux qui marquent des vies... Il se regarde avec suffisamment d'indulgence pour pouvoir continuer, mais sans complaisance.

Un joli moment !

 

. G 229, Jean-Philippe Blondel, éd. Buchet-Chastel, 2011.

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...132

15 Avril 2012, 15:09pm

Publié par la souris jaune

"Une partie de moi s'est enfuie sur la route en briques jaunes et elle refuse de revenir - elle sautille sur les pavés disjoints et elle s'époumone. Elle ne veut pas entendre le fracas du monde".

Jean-Philippe BLONDEL

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