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Le blog de la souris jaune

Deux soeurs en décembre :)

4 Juin 2012, 21:17pm

Publié par la souris jaune

9782844204882-1-.jpgRoman ado.

"J'adore me pelotonner dans des rêves éveillés. Pour cela j'accorde une attention particulière aux détails". Suit alors le rituel de Romy, au début du livre, qui s'enrubanne dans des plaids très colorés, plaids qui emprisonnent petit à petit son baume au coeur. La couleur est comme une seconde peau pour la jeune fille, celle notamment de ses nombreux vêtements framboise, jaune citron ou mûre écrasée : elle fait fuir la grisaille.

A côté de ça, c'est l'histoire de deux frangines, à l'amour vache mais nouées commes les doigts de la main. Qui pallient par leur proximité à la souffrance que leur procure une mère en exil au fond d'elle-même, depuis que le père de ses deux filles a claqué la porte pour ne plus jamais revenir.

Romy et Ava (18 et 20 ans ?) font avec cette mère en détresse, qu'elles nourrissent par plateaux-repas en attendant, avec espoir, qu'elle sorte de sa léthargie et guérisse de son long chagrin d'amour dévastateur... Et nous suivons Romy et son meilleur ami Ferdinand. Et puis il y a Athanaël, le vice-proviseur du lycée où elle est en hypocâgnes, duquel elle est éprise ! Nous la suivons, touchante, dans ses élans de vie. Ses sursauts pour conquérir son bonheur. Avec cette leçon que la plus jeune donnera à l'aînée : on n'obtient rien si l'on ne part pas à l'assaut, et si l'on reste à se morfondre... Le bonheur n'est pas la chance des conquérants, il est juste la récompense de ceux qui se sont donné du mal pour aller le chercher. Et j'aime assez cette idée-là...

C'est bien écrit, c'est beau. On aime, de temps en temps retrouver la pureté et la profondeur des sentiments, des premiers émois amoureux...

 

. Deux soeurs en décembre, Shaïne Cassim, éd. Thierry Magnier, paru en 2006.

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3 Juin 2012, 09:49am

Publié par la souris jaune

"Pourquoi est-on fasciné par ce qui se refuse à nous ? Quelle drôle d'idée que de poursuivre une chose qui nous ferait trop mal ! Une incandescence unique nous brûle, nous réchauffe à jamais, et aussitôt on meurt de l'exploit accompli, apaisé d'avoir vu ce qu'il ne fallait pas voir. On touche au divin puis on redevient mortel".

Shaïne CASSIM

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La vie sexuelle des cannibales

2 Juin 2012, 21:45pm

Publié par la souris jaune

9782842304287-1-.jpgJ'ai d'abord été très enthousiaste à la lecture de ce livre. Je n'en attendais pas forcément beaucoup, ce qui fait peut-être que j'ai été très emballée pendant toute la première moitié du livre. L'auteur y raconte une échappée de deux ans dans un atoll du Pacifique Sud, Tarawa, dans l'archipel des Tiribati. Où il développe d'ailleurs une allergie à une certaine chanson, la Macarena, l'air musical unique que tout le monde écoute en boucle, compte tenu de la pauvreté culturelle du lieu.

C'est drôle, bien senti ; l'auteur a le sens de la formule, la parabole fait mouche, et l'on rit beaucoup. Ainsi, il nous livre une vision cauchemardesque de ces petits confettis d'îles qui ont pourtant tout, vus de loin, pour être paradisiaques. Il nous rend compréhensibles un certain nombre de traits qui pourraient paraître saugrenus ou bizarres, en les vivant et en nous les expliquant... Ainsi, il nous demande d'imaginer New-York plongé dans un perpétuel mois d'août, par 38 degrés permanents, il conclut avec pragmatisme que la vie y serait nettement moins speed, nettement moins productive, car comment se mouvoir comme un ressort toute la journée quand le corps souffre tant de la chaleur qui alanguit ? Les cours de la bourse seraient sans doute beaucoup moins prolifiques...

En plus, j'ai aimé l'entrée en matière dans chaque chapitre, à la manière des récits de voyages historiques, des siècles passés, et même de Rabelais, si mes souvenirs sont bons... On finit par bien connaître les moeurs et les paysages de cette petite île, c'est très vivant. Le hic, c'est que c'est sans doute trop long, et que je confesse avoir un peu peiné sur la dernière moitié. Et c'est plus décousu, si bien qu'on se demande s'il n'y avait pas des contraintes de longueur imposées par l'éditeur ou la collection, pour que l'auteur ne se soit pas arrêté avant. Quant au titre, j'ai entendu l'auteur (ce qui ne contribuera pas forcément à le rendre sympathique, ou alors juste très franc) expliquer qu'il était plutôt une accroche, ce qu'on avait tout à fait imaginé d'ailleurs. Cela dit, j'ai trouvé dans le livre un passage qui peut défendre le titre : hommes et femmes de l'île passent pour être plutôt jaloux, et d'après l'auteur, ils ont tous "le nez bouffé", au sens propre ! Parce qu'il semble que c'est la sanction qu'ils se font subir entre eux ! Si ça ne ressemble pas à "la vie sexuelle des cannibales", ça...

 

. La vie sexuelle des cannibales, Maarten Troost, éd. Hoëbeke, mai 2012.

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...143

25 Mai 2012, 20:20pm

Publié par la souris jaune

"Aux (îles) Kiribati, les unimane et les unaine (anciennes) sont considérés comme les gardiens de la culture, un trait de civilisation qui distingue ces îles des Etats-Unis, où l'arbitre suprême de tout ce qui touche à la culture est l'adolescent de sexe masculin, ce qui explique la vogue, autrement incompréhensible, de la Fédération mondiale de catch, du gangsta rap, et de Pamela Anderson".

Maarten TROOST 

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Mon doudou divin :(((

25 Mai 2012, 12:38pm

Publié par la souris jaune

large-1-.jpgA tous les fans de Katarina Mazetti, dont je fus, abstenez-vous ! Je n'éprouve que le soulagement de l'avoir fini.

J'en éprouve d'autant plus de rancoeur que ce doudou divin nous trompe sur la marchandise, ou presque : j'étais enthousiaste au départ, séduite par l'idée et les deux premiers chapitres (le livre est construit là encore à la Mazetti, c'est à dire en alternant les points de vue). Une journaliste décide d'aller en immersion au sein d'un endroit et le temps d'un stage à "La Béatitude". On s'attend alors à une narration assez enlevée et drôle, on imagine déjà combien le petit univers des lieux "new-age" où il est de bon ton d'aller chercher "la voie de la sérénité" va être croqué avec humour et finesse... Et il n'en est rien !

La journaliste (Wera) n'est pas sympathique et ne m'a rien inspiré. Le livre est une vraie compil', un ramassis de réflexions à deux balles sur Dieu et le sens de la vie... Avec du pathos dès que l'auteur le peut. Je n'ai vraiment pas retrouvé la Mazetti que j'apprécie. J'ai trouvé ce livre froid et sans intérêt.

Une vraie, grande déception.

 

. Mon doudou divin, Katarina Mazetti, éd. Gaïa, mars 2012.

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Les séparées

13 Mai 2012, 20:46pm

Publié par la souris jaune

les-s-C3-A9par-C3-A9es-1-.gifC'est à Elisabeth que je dois d'avoir lu ce livre, puisqu'elle l'avait aimé.

En ce qui me concerne, je ne suis pas rentrée tout de suite dans ce livre. Mais passé le premier quart, lorsqu'on découvre Cécile dans le coma dans une chambre d'hôpital, j'y étais. C'est donc l'histoire au fil du temps, vu à travers les événements majeurs de la vie de l'une et de l'autre, l'histoire donc d'une amitié entre Cécile et Alice... Une amitié très forte, dans laquelle s'imiscent des non-dits, qui finissent par déformer la relation en quelque chose de douloureux... Chaque personnage est touchant, dans ses fragilités. Cécile, Alice, mais aussi Philippe, le frère à vif, l'amant et l'amour de l'autre...

C'est une plongée dans l'écoulement de la vie, un questionnement sur l'identité. Qui sommes-nous ? Sommes-nous, ou devenons-nous ? Nous constituons-nous par rapport à nos attachements ? Même si les séparées sont deux amies, cela rend bien compte de ce qui disparaît avec la fin d'une histoire, une rupture, comment un monde de partage s'évanouit... Le temps qui passe dans ce livre-là n'est pas bienveillant : c'est un temps qui désunit, qui marque, qui prend les êtres chers. Le ton est emprunt d'une mélancolie rentrée ; j'ai aimé me laisser guider par les mots de Cécile, par la "lettre" mentale à Alice ; cela dit, je ne suis pas sûre d'avoir été extrêmement fan du côté inéluctable du destin qui broie...

 

. Les séparées, Kéthévane Davrichewy, éd. Sabine Wespieser, janvier 2012.  

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...142

13 Mai 2012, 16:53pm

Publié par la souris jaune

"On croit mettre de la distance, le temps nettoiera les impûretés et on en ressortira tout neufs. C'est une erreur. On reste les mêmes, à peine se reconnecte-t-on que les vieux mécanismes se remettent en marche".

Kéthévane DAVRICHEWY

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...141

13 Mai 2012, 16:30pm

Publié par la souris jaune

"Peut-être le miroir grossissant, le reflet rassurant mais déformé qu'elles se tendaient l'une à l'autre, était-il nuisible ? Qui a besoin de se voir de si près ?"

Kéthévane DAVRICHEWY

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...140

13 Mai 2012, 16:27pm

Publié par la souris jaune

"Les disparus surgissent quand on ne les attend pas et ne répondent pas quand on les espère".

Kéthévane DAVRICHEWY

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...139

9 Mai 2012, 20:49pm

Publié par la souris jaune

"La stupeur n'a pas de langage".

Kéthévane DAVRICHEWY

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