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Le blog de la souris jaune

...176

27 Novembre 2012, 13:19pm

Publié par la souris jaune

"L'avantage de vieillir, c'est tout simplement que les passions demeurent aussi vives qu'auparavant, mais qu'on a acquis - finalement - la faculté qui donne à l'existence sa saveur suprême, la faculté de prendre ses expériences et de les faire tourner, lentement, à la lumière".

Virginia WOOLF

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Le monde dans la main

25 Novembre 2012, 21:46pm

Publié par la souris jaune

Le_monde_dans_la_main-1-.jpgMais pourquoi ce livre ne s'appelle-t-il pas Le rayon vert ? Ca aurait été tellement plus joli, plus énigmatique - ce qui finalement lui aurait plus correspondu, - et tellement moins niais ! Pardon pour ce cri du coeur, mais vraiment je trouve vraiment ce titre idiot, il dessert ce livre je trouve. Alors que le rayon vert ! C'est drôle de découvrir au détour des pages d'un livre, alors qu'on ne s'y attend pas, un peu d'histoire, ou de légende, sur un coin qu'on adore !! C'est ainsi que j'ai appris que si l'on a de la chance, l'été, on peut apercevoir un rayon vert, au moment du coucher du soleil sur Port Riou à Dinard ! Et qui est sensé porter bonheur. Au regard de l'histoire, ça pouvait avoir beaucoup de sens...

Le héros est donc un jeune garçon (Pierre-Marie) de 15 ans et demi, Versaillais à l'année, dinardais l'été :). Pour son anniversaire, il accompagne ses parents chez Ikéa pour acheter des meubles, sortie qui vire à la grosse galère, et à l'issue de laquelle... sa mère disparaît. Pour ne plus réapparaître. Postulat de départ plutôt fort, et pas traité de manière anxiogène... Pourtant, il y aurait de quoi !

A partir de cette histoire peu banale (qui n'est pas sans évoquer les histoires d'Olivier Adam ! mais absolument pas dans le traitement ou le style), va se décliner la vie de cet ado qui s'organise pour vivre après... Avec un mystère, qu'on perçoit assez vite, autour de la soeur, Alix, et à qui il écrit régulièrement ; dont on se demande pourquoi elle ne vit plus à la maison, ce qui ne nous est révélé qu'à la fin ou presque : j'ai aimé cette partie de l'histoire. Est explorée aussi bien sûr la thématique de la méconnaissance des secrets que chacun porte en soi. Particulièrement au sein des familles ! On a bien souvent une image figée des personnes qui constituent notre sphère familiale, qui peut se révéler tout autre, si tant est que le secret se brise... A quel moment refait-on sa vie ? Comment être heureux après une disparition ? C'est un sujet grave, tellement troublant, traité sans pathos...

C'est assez joli. J'y ai passé un moment plutôt agréable...

 

. Le monde dans la main, Mikaël Ollivier, éd. Thierry Magnier, 2011.

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...175

25 Novembre 2012, 17:26pm

Publié par la souris jaune

"Il faut prendre tout ce qui se présente, s'efforcer de vivre pleinement ce qui doit l'être, le bon comme le mauvais, chaque sourire, chaque larme. Il faut habiter le présent, comme seuls savent le faire les nouveaux-nés".

Mikaël OLLIVIER

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...174

24 Novembre 2012, 12:32pm

Publié par la souris jaune

"Si notre destin tient à si peu de choses, à des hasards, des accidents, chacun de nos gestes, chacune de nos décisions peut influer sur notre avenir et sur nos éventuels descendants !"...

Mikaël OLLIVIER

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Camarades de classe

21 Novembre 2012, 21:14pm

Publié par la souris jaune

Camarades-de-classe-1-.jpgIl va falloir que je prenne plein de précautions pour écrire un mot sur ce livre. D'abord parce qu'il a sans doute une circonstance atténuante : TOUS les livres me tombent des mains en ce moment, aucun ne capture mon attention. On dira qu'au moins, celui-là, je l'ai fini. Ce qui n'est pas le cas de la bonne quinzaine de livres abandonnés en un mois, après de une à 80 pages lues... En outre, j'aime plutôt Didier Daenincks, que je trouve un auteur vif et intelligent. Mais...

Ce livre n'a pas réussi à capter mon intérêt.

D'abord j'y ai été très hostile : le postulat de départ était pour moi extrêmement dérangeant. Et même inacceptable. Je ne pouvais pas me rendre à l'idée que j'allais "valider" cette supercherie en en étant le lecteur consentant. En clair, on est au sein d'un couple, qui semble soudé, uni, aimant, sans trahisons ; elle tombe sur un message qui est destiné à son mari ; usurpe son identité, répond à sa place, et endosse son identité pendant tous les échanges de mails : elle se fait passer pour lui, et reçoit des confidences qui ne lui sont pas destinées. Il y a donc cette duplicité qu'il faut accepter ; pendant toute la durée du récit, je me suis demandée en quoi cela pouvait servir l'intrigue : s'il s'agissait de nous raconter des histoires de collégiens, eh bien, le mari pouvait tout aussi bien lire les mails...

En outre, ce mari va mal ; on peut se dire que si son épouse -qui semble pourtant vouloir l'aider - le laissait accéder à tous ces souvenirs, ça l'aiderait certainement à se changer les idées. Bref. Je n'oublie pas que dans les dernières lignes du roman, vient soudain naître un questionnement sur l'identité... Elle usurpe l'identité de son mari, et le changement d'identité, eh bien, est au coeur de sa trajectoire... puisque l'auteur choisit d'en faire la révélation réelle du livre.

Du coup, c'est bien ficelé, rebondissement à la "Planète des Singes", choc des dernières lignes... Certes. Le talent de Daenincks est bel et bien là. Certes ça parle de ce que nous devenons, des trajectoires qui se dessinent, malgré soi... Certes... Cela dit, est-ce que le jeu en valait la chandelle ? Moi je réponds non... Mais sans doute parce que je ne suis que très peu rentrée dans ces souvenirs de jeunesse, sur fond de mutation de notre société, et de guerre d'Algérie ; quelqu'un qui a vécu ces années (1964-1968) y sera sans doute beaucoup plus sensible que je ne l'ai été...

 

. Camarades de classe, Didier Daenincks, éd. Gallimard, Folio, 2008. 

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...173

19 Novembre 2012, 13:19pm

Publié par la souris jaune

"On ne sait pas de quoi est faite la vie d'un homme, sinon de malentendus, d'occasions perdues. On est parfois sauvés par le hasard, dont on ignore toujours comment on l'a saisi. Un regard, une larme... Une épaule... Un mot".

Didier DAENINCKX

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...172

10 Novembre 2012, 23:25pm

Publié par la souris jaune

"Telles sont les visions qui sans trêve viennent flotter à la surface de la réalité des choses, subjuguant souvent le voyageur solitaire, annihilant en lui tout sens de la terre, tout désir de revenir, et lui donnant en échance, un grand sentiment de paix, comme si toute cette fureur de vivre était la simplicité même".

Virginia WOOLF

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...171

24 Octobre 2012, 08:33am

Publié par la souris jaune

"C'est quelque chose, sans doute, pour rapprocher les oppositions, que d'avouer sur quoi l'on est d'accord et sur quoi l'on diffère. Les discussions aimables valent mieux pour s'entendre que les insinuations calomnieuses, les inculpations forcenées, les haines de rivalités, les machinations de l'intrigue et la malveillance..."

Mirabeau, Harold COBERT

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Les hommes en général me plaisent beaucoup :)

21 Octobre 2012, 21:47pm

Publié par la souris jaune

Les-hommes-en-general-me-plaisent-beaucoup_2-1-.jpgC'est le troisième livre de Véronique Ovaldé que je lis, après Et mon coeur transparent (2008), et Ce que je sais de Véra Candida (2009), que j'avais adoré. Ce qui frappe, c'est la force de cet auteur, à travers trois livres très, très différents. Et qui ne laissent pas indifférents.

Etrange titre que celui-ci, au regard de cette histoire. A moins qu'on y voie toute l'innocence, la perméabilité, la dépendance aux hommes de Lili tel que son destin l'a ourdie. On la découvre alors qu'elle a 23 ans ; elle vit avec un homme maternant, Samuel, qui l'a prise sous son aile après l'avoir sortie de prison. Elle vit, comme en équilibre. Elle vit en lisière d'un zoo dont les bruits nimbent et accompagnent le récit. Et soudain une silhouette, comme un fantôme la replonge dans son passé, alors qu'elle n'avait que 14 ans ; elle va nous livrer les bribes de son passé en même temps que celles de son présent. Petit à petit, on réalise et on comprend la fragilité cassée de cette jeune femme ; fille d'un père autoritaire, qu'elle méprise et craint, appartenant au "parti", nazillon ; tragédie du couple parental, la mère en souffrance, subissant ce que l'homme qu'elle s'est choisie allait devenir, jusqu'à sa mort brutale. Alors le père "abandonne" tout en les enfermant, ses deux enfants... Et l'homme, l'autre homme, Yoim arrive tel le messie et profitera de l'innocence de la toute jeune fille à sa merci, qui se rue dans cette histoire pensant que c'est l'amour... Un amour auquel elle restera engluée, incapable de s'en séparer, ourdissant une dépendance au sexe, et à cet autre qui fascine par sa monstruosité tranquille... On aime la description que le personnage fait d'elle-même, traversée par le membre de l'autre, devenant liquide et perméable... Dans un style très particulier, ce roman marque par sa force et sa voix unique dont les mots résonnent longtemps en nous. Par son côté chtonien, je crois que ce livre m'a rappelé quelques auteurs haïtiens et cette littérature si particulière (Trouillot notamment)...

 

. Les hommes en général me plaisent beaucoup, Véronique Ovaldé, Babel Actes Sud, 2003.

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...170

20 Octobre 2012, 22:13pm

Publié par la souris jaune

"J'écoute mon coeur me dire "C'est ça ma jolie, c'est ça dont tu as besoin" - mais est-ce bien mon coeur, ne serait-ce pas plutôt mon père ma mère mon frère et la Vieille que j'héberge dans ma chair et qui se permettent trop souvent des sermons et des intrusions" ?

Véronique OVALDE

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