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Le blog de la souris jaune

Un été sans les hommes

11 Avril 2012, 22:28pm

Publié par la souris jaune

9782742797226-1-.jpgJe voulais lire ce livre-là depuis un petit moment déjà : jamais je n'étais parvenue à mettre la main dessus. C'est fait ! (merci Delphine). Toutefois, je ne peux pas dire qu'il m'ait emportée, passionnée. Il est étrange, ce livre-là, comme une grosse vague qui charrie un peu de tout... Voila l'histoire : Mia, 51 ans, est quittée par son mari, Boris, après 30 ans de mariage, qui revendique une Pause, qui plus est en heureuse compagnie. Le choc de la révélation envoie notre héroïne à l'asile, et j'aime assez lorsqu'elle évoque cet épisode où elle a embrassé la folie, avant de remonter en selle, et de refaire face au réel. Elle part alors se mettre au vert, là où le hasard veut qu'elle ne sera entourée que de femmes. Elle part le temps d'un été à côté de chez sa mère, celle-ci ainsi que ses amies constituant ainsi son univers. Univers non exclusif, puisqu'il y a aussi un groupe de jeunes adolescentes, à qui elle donne des cours de poésie, et sa jeune voisine, mariée, et mère de deux enfants. Paradoxalement, les trois espaces sont plutôt assez bien rendus : ces vieilles femmes touchées par la vieillesse sont touchantes ; les jeunes filles et l'épisode qui les noue, autour de l'exclusion de l'une d'elle aussi ; de même pour cette jeune femme, aux prises avec un mari buvant, et de qui Mia va devenir la confidente. Et il y a ces apostrophes assez déroutantes au lecteur, où la narratrice nous parle, nous flatte, nous encourage : c'est étonnant et pas forcément agréable ! Mais l'ensemble est décousu, et surtout entrecoupé de nombreuses, très nombreuses digressions en tous genres, principalement sur la femme, la féminité, l'étude des rats, des comportements, etc., bref, des cours magistraux qui bien qu'émaillés de la pate relativement lyrique de la narratrice ne m'ont pas convaincue... Je crois que c'est cela, finalement, qui aura contribué pour moi à un relâchement régulier de mon attention. On sort trop souvent de l'intrigue pour des commentaires, qui, bien que documentés, alourdissent selon moi le récit qui aurait pu être alerte et lumineux...

 

. Un été sans les hommes, Siri Hustvedt, éd. Actes Sud, 2011.

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