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Le blog de la souris jaune

Les corbeaux d'Alang :))

15 Février 2012, 15:20pm

Publié par la souris jaune

9782246744610-1-.jpg"Deux hommes et une femme à la recherche de leur destin, dans un pays où le Moyen-Age entre en collision avec la mondialisation, où le dénuement cotoie le luxe"... D'un côté Louis, la quarantaine, parti avec des amis en Inde, parce que ceux-ci se sont mis en tête de lui changer les idées, sept mois après la mort de sa femme. Toujours en deuil et en souffrance, Louis décide alors de partir pour tâcher de se retrouver, et les plante, une nuit... Lui, c'est l'occidental, aisé, scénariste... Certaines scènes du livre sont d'ailleurs tels les plans d'un film. D'un autre côté Iqbal, 17 ans, orphelin ; ses parents ont péri dans "les événements" de Bombay en 2002. Morts dans un incendie, issu de la folie meurtrière de deux peuples en guerre l'un contre l'autre... Iqbal, paumé, qui s'accroche à ce qu'il trouve, ou ce qui le trouve, et ce sera le djihad : enrôlé, parce qu'il trouve soudain un sens et une raison de vivre, il va participer à un attentat, se laissant guider par ses guides... Et puis il y a Ela, jeune femme téméraire, en passe d'écrire un livre sur le vaste, très vaste cimetière de bateaux d'Alang, la poubelle du monde occidental en matière de démentellement de navires, où les hommes travaillent dans des conditions indignes, sans qu'ils puissent le formaliser, pour 2 euros par jour, juste pour survivre... C'est là que le livre prend la tournure d'un plaidoyer engagé, expression d'une révolte contre un état de fait dont tout le monde se fiche...

Et la rencontre aura lieu. Le choc de la rencontre qui bouleverse et après laquelle plus rien ne sera comme avant. Rencontre avec l'amour, rencontre avec la mort, ou presque (l'attentat dans le Taj Mahal Hôtel).

"Ela et Louis ont un autre sujet d'étonnement, un bateau qui ne figurait pas parmi ceux qu'ils s'attendaient à trouver à Alang. il est de taille : 300 mètres de l'étrave à la poupe. Et il est là, dressé devant eux à moins de 50 mètres tout au bout des chantiers, là où plus aucun mur, aucun portail ne cache la mer qui s'est retirée très loin".

Ce livre est très très beau. Avec le vol des corbeaux, leitmotiv du livre. Qui imprègnent le paysage, qui constituent le lien visible et macabre entre la fin de vie et la mort. Le livre se découpe en chapitres dont le titre associe deux réalités, deux animaux telle une fable, mais qui constituent l'avancée du récit vers une suite sans fin, puis une fin sans suite...

J'ai vraiment beaucoup aimé ce roman.

 

. Les corbeaux d'Alang, Erik Emptaz, éd. Grasset, 2011

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