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Le blog de la souris jaune

La vie sexuelle des cannibales

2 Juin 2012, 21:45pm

Publié par la souris jaune

9782842304287-1-.jpgJ'ai d'abord été très enthousiaste à la lecture de ce livre. Je n'en attendais pas forcément beaucoup, ce qui fait peut-être que j'ai été très emballée pendant toute la première moitié du livre. L'auteur y raconte une échappée de deux ans dans un atoll du Pacifique Sud, Tarawa, dans l'archipel des Tiribati. Où il développe d'ailleurs une allergie à une certaine chanson, la Macarena, l'air musical unique que tout le monde écoute en boucle, compte tenu de la pauvreté culturelle du lieu.

C'est drôle, bien senti ; l'auteur a le sens de la formule, la parabole fait mouche, et l'on rit beaucoup. Ainsi, il nous livre une vision cauchemardesque de ces petits confettis d'îles qui ont pourtant tout, vus de loin, pour être paradisiaques. Il nous rend compréhensibles un certain nombre de traits qui pourraient paraître saugrenus ou bizarres, en les vivant et en nous les expliquant... Ainsi, il nous demande d'imaginer New-York plongé dans un perpétuel mois d'août, par 38 degrés permanents, il conclut avec pragmatisme que la vie y serait nettement moins speed, nettement moins productive, car comment se mouvoir comme un ressort toute la journée quand le corps souffre tant de la chaleur qui alanguit ? Les cours de la bourse seraient sans doute beaucoup moins prolifiques...

En plus, j'ai aimé l'entrée en matière dans chaque chapitre, à la manière des récits de voyages historiques, des siècles passés, et même de Rabelais, si mes souvenirs sont bons... On finit par bien connaître les moeurs et les paysages de cette petite île, c'est très vivant. Le hic, c'est que c'est sans doute trop long, et que je confesse avoir un peu peiné sur la dernière moitié. Et c'est plus décousu, si bien qu'on se demande s'il n'y avait pas des contraintes de longueur imposées par l'éditeur ou la collection, pour que l'auteur ne se soit pas arrêté avant. Quant au titre, j'ai entendu l'auteur (ce qui ne contribuera pas forcément à le rendre sympathique, ou alors juste très franc) expliquer qu'il était plutôt une accroche, ce qu'on avait tout à fait imaginé d'ailleurs. Cela dit, j'ai trouvé dans le livre un passage qui peut défendre le titre : hommes et femmes de l'île passent pour être plutôt jaloux, et d'après l'auteur, ils ont tous "le nez bouffé", au sens propre ! Parce qu'il semble que c'est la sanction qu'ils se font subir entre eux ! Si ça ne ressemble pas à "la vie sexuelle des cannibales", ça...

 

. La vie sexuelle des cannibales, Maarten Troost, éd. Hoëbeke, mai 2012.

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