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Le blog de la souris jaune

Le ravissement de l'été :)

16 Décembre 2012, 21:55pm

Publié par la souris jaune

9782221116463.main-1-.pngC'est un roman choral, à trois voix. J'ai aimé l'histoire, les points de vue, le rapport entre les personnages, neufs, enfin...

L'histoire se passe dans le pays basque espagnol. Commence à travers la voix de Raul, fils assez antipathique de la belle Isabel. Isabel qui apparaît cela-dit, à travers ce premier chapitre, femme froide et sans coeur. Mais bref. On découvre ce héros (ou anti-héros : faussement doux, assez naturellement préoccupé de soi...) âgé d'une trentaine d'années, et aux prises avec des difficultés financières. Il va quémander à sa mère, riche, de le sortir de son mauvais pas, et de lui donner cet argent. Celle-ci l'éconduit, et il reçoit son refus comme un camouflet humiliant et douloureux... Il va alors souhaiter l'atteindre, la faire plier... S'introduire dans son univers, celui qu'elle garde secret, un appartement à St-Jean-de-Luz, et dérober une part de son passé. Vient alors la voix de Fermin, camarade de vacances de Raul, lorsqu'ils étaient jeunes. Adolescents, compagnons malgré eux, au cours de deux étés, eux qui pourtant ne se sont jamais aimés, ni estimés... Or Raul découvre que quelque chose lie sa mère à ce Fermin... La troisième voix sera celle de la mère, et on rentrera dans les entrelacs de son passé, de ses souvenirs, et de sa mémoire.

Un beau récit que celui-ci, poétique, accompagné d'une belle réflexion, induite, sur ce qui nous fait ; sur les souvenirs et sur l'acte de mémoire. Avec une belle invitée, tout au long de ce roman : la vigne. La vigne, et le vin. Passions de Fermin, depuis toujours, indissociable de ce qu'il est, et qui lui confère sa profondeur. Sa lenteur, sa détermination, sa force, c'est la vigne qui la lui a conférée... La vigne, et la terre. Passion qu'on découvre avec émotion renforcée pour tenter de toucher peut-être un jour, celle qu'il aura aimée fébrilement, douloureusement, tacitement, pendant quinze ans.

Un joli roman, sans doute à relire, pour goûter ce qui ne se donne pas dès la première lecture, et apprécier comme avec un bon vin, sa saveur...

 

. Le ravissement de l'été, Luisa Etxenike, éd. Robert Laffon, avril 2012.

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...178

16 Décembre 2012, 15:48pm

Publié par la souris jaune

"On n'oublie pas ce qui s'installe seul, de son côté, dans les chambres du fond de la mémoire. Oublier est un acte volontaire ; reléguer, reléguer sans cesse, jusqu'à ce qu'il ne reste plus ni objet, ni sensation, ni atmosphère, capables de rétablir le passé dans sa tête".

Luisa ETXENIKE

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Certaines n'avaient jamais vu la mer

14 Décembre 2012, 21:18pm

Publié par la souris jaune

poster_190512-1-.jpgCe qui marque dans ce livre, c'est sans doute la force du "nous" narratif. Un "nous qui donne l'idée d'anonymat des destins, qui concourt à dessiner un destin collectif. Celui du peuple japonais aux Etats-Unis, au cours de la première moitié du XXème siècle. Partie de l'Histoire que j'ignorais : l'immigration de jeunes japonaises au tout début du siècle vers un ailleurs "brillant", fantasmé, échaffaudé à partir de courriers reçus de prétendants cherchant prétendante...

Et au début, lorsqu'elles prennent le bateau qui les mènera en Amérique, "certaines n'avaient jamais vu la mer"...

Désillusion de l'arrivée, de la première rencontre avec le futur époux en deça des attentes, force d'âme et capacité d'abnégation de ce peuple de femmes va nous être donné à voir. Première nuit de noce, accouchement, enfantement, et puis la vie à bras-le-corps de ces femmes ravalant leurs rêves et continuant coûte que coûte, sans jamais manquer de courage.

Jusqu'à ce dernier chapitre, encore plus poignant, où les voix se perdent, en même temps que les japonais disparaissent... Devenus "ennemis" des américains pendant la seconde guerre mondiale, on les contraint à partir, à s'effacer, et on les conduit dieu sait où... Les voix deviennent des fantômes de voix, et font résonnance mélancolique... Jusqu'aux questionnements et aux regrets tardifs de ceux qui restent, et qui n'ont pas osé posé des questions quand il était encore temps. Le temps passe, et les japonais demeurent, en creux, par leurs maisons délaissées, abandonnées, leurs commerces remplacés... C'est un livre dont les voix résonnent, par la force du "nous", et en creux, dans la disparition...

 

. Certaines n'avaient jamais vu la mer, Julie Otsuka, éd. Phébus Littérature étrangère. 2012 pour la traduction française.

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...177

5 Décembre 2012, 21:51pm

Publié par la souris jaune

"Je suis faite ainsi : dîtes-moi que je suis nécessaire et je vous soulève des montagnes".

Yannick GRANNEC

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