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Le blog de la souris jaune

...146

5 Juin 2012, 22:12pm

Publié par la souris jaune

"Il paraît qu'il y a, au moins une fois dans la vie de tout homme, cinq secondes déterminantes au cours desquelles le choix qui est fait orientera le reste de son existence".

Yolaine DESTREMAU

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...145

4 Juin 2012, 22:32pm

Publié par la souris jaune

"Faut-il vraiment revenir sur ces histoires anciennes, remâcher le passé à l'infini, essayer de tout comprendre ?"

Yolaine DESTREMAU

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Deux soeurs en décembre :)

4 Juin 2012, 21:17pm

Publié par la souris jaune

9782844204882-1-.jpgRoman ado.

"J'adore me pelotonner dans des rêves éveillés. Pour cela j'accorde une attention particulière aux détails". Suit alors le rituel de Romy, au début du livre, qui s'enrubanne dans des plaids très colorés, plaids qui emprisonnent petit à petit son baume au coeur. La couleur est comme une seconde peau pour la jeune fille, celle notamment de ses nombreux vêtements framboise, jaune citron ou mûre écrasée : elle fait fuir la grisaille.

A côté de ça, c'est l'histoire de deux frangines, à l'amour vache mais nouées commes les doigts de la main. Qui pallient par leur proximité à la souffrance que leur procure une mère en exil au fond d'elle-même, depuis que le père de ses deux filles a claqué la porte pour ne plus jamais revenir.

Romy et Ava (18 et 20 ans ?) font avec cette mère en détresse, qu'elles nourrissent par plateaux-repas en attendant, avec espoir, qu'elle sorte de sa léthargie et guérisse de son long chagrin d'amour dévastateur... Et nous suivons Romy et son meilleur ami Ferdinand. Et puis il y a Athanaël, le vice-proviseur du lycée où elle est en hypocâgnes, duquel elle est éprise ! Nous la suivons, touchante, dans ses élans de vie. Ses sursauts pour conquérir son bonheur. Avec cette leçon que la plus jeune donnera à l'aînée : on n'obtient rien si l'on ne part pas à l'assaut, et si l'on reste à se morfondre... Le bonheur n'est pas la chance des conquérants, il est juste la récompense de ceux qui se sont donné du mal pour aller le chercher. Et j'aime assez cette idée-là...

C'est bien écrit, c'est beau. On aime, de temps en temps retrouver la pureté et la profondeur des sentiments, des premiers émois amoureux...

 

. Deux soeurs en décembre, Shaïne Cassim, éd. Thierry Magnier, paru en 2006.

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...144

3 Juin 2012, 09:49am

Publié par la souris jaune

"Pourquoi est-on fasciné par ce qui se refuse à nous ? Quelle drôle d'idée que de poursuivre une chose qui nous ferait trop mal ! Une incandescence unique nous brûle, nous réchauffe à jamais, et aussitôt on meurt de l'exploit accompli, apaisé d'avoir vu ce qu'il ne fallait pas voir. On touche au divin puis on redevient mortel".

Shaïne CASSIM

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La vie sexuelle des cannibales

2 Juin 2012, 21:45pm

Publié par la souris jaune

9782842304287-1-.jpgJ'ai d'abord été très enthousiaste à la lecture de ce livre. Je n'en attendais pas forcément beaucoup, ce qui fait peut-être que j'ai été très emballée pendant toute la première moitié du livre. L'auteur y raconte une échappée de deux ans dans un atoll du Pacifique Sud, Tarawa, dans l'archipel des Tiribati. Où il développe d'ailleurs une allergie à une certaine chanson, la Macarena, l'air musical unique que tout le monde écoute en boucle, compte tenu de la pauvreté culturelle du lieu.

C'est drôle, bien senti ; l'auteur a le sens de la formule, la parabole fait mouche, et l'on rit beaucoup. Ainsi, il nous livre une vision cauchemardesque de ces petits confettis d'îles qui ont pourtant tout, vus de loin, pour être paradisiaques. Il nous rend compréhensibles un certain nombre de traits qui pourraient paraître saugrenus ou bizarres, en les vivant et en nous les expliquant... Ainsi, il nous demande d'imaginer New-York plongé dans un perpétuel mois d'août, par 38 degrés permanents, il conclut avec pragmatisme que la vie y serait nettement moins speed, nettement moins productive, car comment se mouvoir comme un ressort toute la journée quand le corps souffre tant de la chaleur qui alanguit ? Les cours de la bourse seraient sans doute beaucoup moins prolifiques...

En plus, j'ai aimé l'entrée en matière dans chaque chapitre, à la manière des récits de voyages historiques, des siècles passés, et même de Rabelais, si mes souvenirs sont bons... On finit par bien connaître les moeurs et les paysages de cette petite île, c'est très vivant. Le hic, c'est que c'est sans doute trop long, et que je confesse avoir un peu peiné sur la dernière moitié. Et c'est plus décousu, si bien qu'on se demande s'il n'y avait pas des contraintes de longueur imposées par l'éditeur ou la collection, pour que l'auteur ne se soit pas arrêté avant. Quant au titre, j'ai entendu l'auteur (ce qui ne contribuera pas forcément à le rendre sympathique, ou alors juste très franc) expliquer qu'il était plutôt une accroche, ce qu'on avait tout à fait imaginé d'ailleurs. Cela dit, j'ai trouvé dans le livre un passage qui peut défendre le titre : hommes et femmes de l'île passent pour être plutôt jaloux, et d'après l'auteur, ils ont tous "le nez bouffé", au sens propre ! Parce qu'il semble que c'est la sanction qu'ils se font subir entre eux ! Si ça ne ressemble pas à "la vie sexuelle des cannibales", ça...

 

. La vie sexuelle des cannibales, Maarten Troost, éd. Hoëbeke, mai 2012.

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