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Le blog de la souris jaune

...113

17 Février 2012, 14:53pm

Publié par la souris jaune

"Ce qu'on ne veut pas dire passe aussi par les mots dans le choix que l'on fait d'en coller un puis un autre, et qui entre eux glisse un soupir où se dit ce qu'on voulait taire".

Frédérique DEGHELT

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...112

15 Février 2012, 19:04pm

Publié par la souris jaune

"Je ne voulais pas être seulement l'architecte d'un bonheur. Je voulais vivre avec un amour, vivre un amour".

Frédérique DEGHELT

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Les corbeaux d'Alang :))

15 Février 2012, 15:20pm

Publié par la souris jaune

9782246744610-1-.jpg"Deux hommes et une femme à la recherche de leur destin, dans un pays où le Moyen-Age entre en collision avec la mondialisation, où le dénuement cotoie le luxe"... D'un côté Louis, la quarantaine, parti avec des amis en Inde, parce que ceux-ci se sont mis en tête de lui changer les idées, sept mois après la mort de sa femme. Toujours en deuil et en souffrance, Louis décide alors de partir pour tâcher de se retrouver, et les plante, une nuit... Lui, c'est l'occidental, aisé, scénariste... Certaines scènes du livre sont d'ailleurs tels les plans d'un film. D'un autre côté Iqbal, 17 ans, orphelin ; ses parents ont péri dans "les événements" de Bombay en 2002. Morts dans un incendie, issu de la folie meurtrière de deux peuples en guerre l'un contre l'autre... Iqbal, paumé, qui s'accroche à ce qu'il trouve, ou ce qui le trouve, et ce sera le djihad : enrôlé, parce qu'il trouve soudain un sens et une raison de vivre, il va participer à un attentat, se laissant guider par ses guides... Et puis il y a Ela, jeune femme téméraire, en passe d'écrire un livre sur le vaste, très vaste cimetière de bateaux d'Alang, la poubelle du monde occidental en matière de démentellement de navires, où les hommes travaillent dans des conditions indignes, sans qu'ils puissent le formaliser, pour 2 euros par jour, juste pour survivre... C'est là que le livre prend la tournure d'un plaidoyer engagé, expression d'une révolte contre un état de fait dont tout le monde se fiche...

Et la rencontre aura lieu. Le choc de la rencontre qui bouleverse et après laquelle plus rien ne sera comme avant. Rencontre avec l'amour, rencontre avec la mort, ou presque (l'attentat dans le Taj Mahal Hôtel).

"Ela et Louis ont un autre sujet d'étonnement, un bateau qui ne figurait pas parmi ceux qu'ils s'attendaient à trouver à Alang. il est de taille : 300 mètres de l'étrave à la poupe. Et il est là, dressé devant eux à moins de 50 mètres tout au bout des chantiers, là où plus aucun mur, aucun portail ne cache la mer qui s'est retirée très loin".

Ce livre est très très beau. Avec le vol des corbeaux, leitmotiv du livre. Qui imprègnent le paysage, qui constituent le lien visible et macabre entre la fin de vie et la mort. Le livre se découpe en chapitres dont le titre associe deux réalités, deux animaux telle une fable, mais qui constituent l'avancée du récit vers une suite sans fin, puis une fin sans suite...

J'ai vraiment beaucoup aimé ce roman.

 

. Les corbeaux d'Alang, Erik Emptaz, éd. Grasset, 2011

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...111

12 Février 2012, 09:46am

Publié par la souris jaune

"Les temps morts sont nocifs à la détermination".

Erik EMPTAZ

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La deuxième personne

10 Février 2012, 22:33pm

Publié par la souris jaune

001018977-1-.jpgCe livre sera de ceux que j'ai lu relativement vite... pour vite passer à un autre. Je n'en garderai donc pas un souvenir impérissable !

Je n'en aime pas l'écriture, plutôt commune ; je n'aime pas spécialement les personnages non plus. Même si j'imagine qu'il faudrait être indulgents avec ceux-ci, puisque l'histoire se passe à Jérusalem ; qu'il y est question d'identité. De la souffrance de vivre avec l'étiquette d'un peuple sur le dos... Nous suivons en alternance, en voix croisées, deux personnages principaux masculins, jusqu'à ce qu'ils se rejoignent. Dans une histoire d'usurpation d'identité d'une part pour l'un, un jeune étudiant qui, bercé par les événements, se laisse séduire par cette opportunité d'exister soudain autrement qu'en étant juif ou arabe. Il prend l'identité d'un autre, et existe par ses passions, dont la photographie...

L'autre personnage est un avocat, installé, appartenant à une société aisée régie par des codes... Et cet avocat pète les plombs lorsqu'il découvre un jour par hasard, un billet écrit de la main de son épouse destiné à un autre, dans le livre d'un bouquiniste. A qui ce mot était-il destiné ? Il sombre alors dans la paranoïa (nourrie de conjectures assez attendues et pénibles) sur le mode du mari jaloux qui ne m'ont guère passionnées, qui sont finalement assez classiques d'une culture à l'autre ! (Sauf que là, il songe à des moyens beaucoup plus radicaux pour punir sa femme). Bref. Son enquête finira par porter ses fruits, et c'est ainsi que les deux destins se croisent : jusqu'à la pirouette finale, pas mal, elle, qui finalement, nous fait douter de tout, et tout remettre en question...

Il y a bien sûr aussi quand même le questionnement sur l'usurpation d'identité, avec en substance l'idée que parfois, c'est comme accepter une greffe d'organe : un élan, compliqué, mais vital... Nécessaire... Avec le jeune homme à qui il vole son identité, qui est condamné à une vie de légume... Il pille pourtant ce que l'autre avait été. Malgré la caution de sa propre mère, difficile bien sûr, à accepter ; ces interrogations là sont somme toute relativement intéressantes.

Cela dit, on ne peut vraiment pas dire que ce livre m'ait passionnée...

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...110

8 Février 2012, 21:50pm

Publié par la souris jaune

"L'amour c'est aimer quelqu'un plus que soi. Ressentir que cet être nous complète. L'amour, c'est la capacité de se sacrifier pour l'objet de son amour".

Sayed KASHUA

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Du Domaine des murmures :))))

3 Février 2012, 10:49am

Publié par la souris jaune

67897975.jpgJ’ai adoré ce livre. Je l’ai tellement aimé qu'il m'est presque difficile de dire ce que j’ai préféré ! Commençons par le début : l’histoire. Celle d’Esclarmonde, jeune fille de 16-17 ans au début du roman, en 1180. Le jour de ses noces, elle refuse son époux, Lothaire, qui a ravi tant de virginités… Alors, devant l’autel, au moment du « oui », c’est un « non » qu’elle prononce, et se tranche l’oreille, pour preuve de sa détermination. Demandant pour expier ce voeu en contradiction avec ce qu’on attend d’elle à être emmurée vivante jusqu’à la fin de ses jours. Ce qui se passera.

L’auteur nous livre alors l’histoire de cette femme qui résiste face au courant de son époque, une époque où les femmes n’ont pas voix au chapitre, condamnées à être prises et à subir. Evidemment, on songe à Antigone, autre résistante en son temps, et autre fidèle à ses convictions jusqu’à la mort… Violée le jour de sa reclusion, Esclarmonde enfante en cellule, enceinte sans le savoir d’un enfant, la jeune fille emmurée se transforme en mère, et c’est son destin qui en est modifié. Ce déchirement de la mère est formidablement bien rendu, on le ressent jusque dans ses tripes. Cet enfant va vivre au dehors, elle restera enfermée à l'intérieur de sa tour prison...

J’ai été avalée par ce livre comme par un tourbillon merveilleux ; même s’il est fait de larmes et de sang, il est aussi emprunt de foi, de détermination, d'abnégation ; le style lui-même désarçonne, emporte ; comme incarnées, les phrases finement ciselées contiennent tout à la fois le monde, qui sont des projections du corps, comme le monde ne peut être que cela pour la recluse. Il y a ce magnifique et tragique paradoxe, le pouvoir des immobiles : les recluses qui existaient ainsi au Moyen-Age, acquérrant ou presque un statut de sainte de leur vivant ; sans quitter sa tour, Esclarmonde est bientôt investie d’un pouvoir, d’une aura… Les personnages secondaires sont également extraordinairement bien campés ; ce Lothaire qui se transforme de façon inattendue, et qu’elle « aurait pu aimer », la belle et forte Bérangère, à la robe verte, le père, l’enfant aux mains percées, et tous ceux qui gravitent dans ce domaine des murmures. Les hommes en ce temps contenaient en leur main le destin des femmes ; Esclarmonde, qui s’en remet à Dieu en pensant s’en défaire, échappant, pour un terrible prix, à la destinée tracée par son père et à son époux est rattrapée pourtant par la force de l’église, et… ne lui survivra pas. C’est profondément boulerversant.

Une plongée merveilleuseuse dans les temps difficiles du Moyen Age, et on se dit que vraiment, on a de la chance de vivre à notre époque… 

 

Du Domaine des murmures, Carole Martinez, éd. Gallimard NRF, octobre 2011.

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