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Le blog de la souris jaune

Portrait de l'écrivain en animal domestique :)

3 Novembre 2015, 18:01pm

Publié par LaSourisJOne

Portrait de l'écrivain en animal domestique :)

Lydie Salvayre aime les pirouettes. C'en est incontestablement une, une virevolte, qu'elle mène et qu'elle retourne. Pour confronter deux inconciliables, à priori, deux opposés, qui n'ont aucune chance de se comprendre : le roi du hamburger, le roi planétaire du hamburger, et un écrivain, ou plutôt une écrivaine. Trempé dans une dérision et autodérision qu'elle affectionne, le récit nous balade pendant six mois, et plus, où ces deux-là vont cohabiter. Plus, parce qu'elle nous livre un récit à postériori (deux ans plus tard), alibi qui tient d'ailleurs moyennement, mais a le mérite de tenir et de prolonger le récit au delà de l'expérience. Evidemment, le récit tient tout en soi par le style, les pirouettes de styles, les hardiesses, la richesse du vocabulaire qui nous cueille aux moments où on l'attend le moins. Le postulat tient pour cela, sans doute. Le postulat ? Comment vivre avec ce qu'on abhorre le plus ? Eh bien, en oubliant un peu ses principes, en jouissant de la fortune du premier (le roi du hamburger), et surtout, sans doute, en étant fasciné par ce qui n'est pas soi. La narratrice se retrouve dans cette position, face à ce type sur-puissant, arrogant à l'extrême, vulgaire, n'ayant peur de rien : et c'est cette extrêmité qui fait sans doute tenir l'édifice. Parallèlement à une forme de doux, bientôt alangui et proportionnel mépris d'elle-même, dans l'oubli de ce qui nous a constitué. Et un peu de la douceur reposante de s'oublier soi-même. Avec une parabole, qu'on peut avoir envie de voir : la satisfaction de ses plaisirs sans raffinement, à l'image du concept de Mac Donald's, gave, mais ne nourrit pas. Si bien qu'à la fin, quelque part dieu merci, on finit, et même le roi du hamburger par se dire : à quoi bon ? Pas de morale, évidemment, dans ce livre, ce serait trop simple. Ou alors ce serait simplement : on court après ce qu'on peut. Peu importe quoi ? Hum...

L'exercice de voltige se lit agréablement, en tout cas, et j'ai retrouvé avec plaisir Lydie Salvayre, après Pas pleurer.

Portrait de l'écrivain en animal domestique, Lydie Salvayre, éd. Points Seuil. 2007

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Administrateur de ce blog 04/02/2016 08:01

A l'attention de Lopez : allez répandre votre propagande ailleurs, vous n'avez nulle place sur ce blog !