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Le blog de la souris jaune

La bête

30 Juillet 2015, 19:39pm

Publié par LaSourisJOne

La bête

Je ne peux pas dire que j'ai aimé ce livre, ni surtout le personnage central, et ce n'est rien de le dire. Evidemment je me dis que l'on peut toujours 'cérébrer' et lui trouver un intérêt de lecture, évidemment, parce qu'ici c'est le mal, brut, l'expression de la souffrance à vif avant sans doute qu'on ait trouvé le pouvoir de la parole pour l'appaiser ? Avec un être humain victime de son destin, de ses rêves, dont l'amertume va s'incarner dans une vie solitaire, où il s'emploie à se faire souffrir, croyant jouir, et à faire souffrir les autres surtout, dans la plus grande cruauté... Enfants, femmes, jeunes femmes, jeunes garçons, égorgés ou pire comme des bêtes ne le seraient pas. Alors évidemment, on est dans le Gévaudan, à une époque lointaine, puisqu'il y est question de rois de France ; que les paysans doivent donc peiner sur leurs terres et se faire rafler les trois quarts de leur sueur, de leurs revenus, par les hommes des rois, et que donc la cruauté semble ne pas être que du côté qu'on croit. N'empêche. J'ai eu beaucoup, beaucoup de mal à comprendre, même en essayant de me replonger des siècles en arrière, autant de bestialité qui ne peut me paraître que fantasmée. Enfin mon entendement s'obstine à ne pouvoir y voir qu'un cas d'école, une histoire théorique pour laquelle il est bien difficile de trouver de l'empathie. Même si le destin de cet homme est effroyable, du fait qu'il a subi, en faisant le choix de suivre son rêve, une castration physique atroce qui lui ôte sa nature d'homme. J'ai du mal à imaginer qu'un homme privé de sa faculté de faire l'amour à une femme devienne une bête. Mais c'est sans doute parce que je ne suis pas un homme, et que j'ai forcément plus d'empathie pour ces jeunes femmes qui n'ont rien demandé à personne et paient pour ce sale type qui croise leur chemin.

Certes, ça pourrait contraindre à s'interroger sur les monstruosités que notre époque génère aussi, en matière de cruauté et de terrorrisme. Je m'obstine à ne pas le comprendre, ça reste, pour moi, incompréhensible, et inexcusable.

Cela dit, ce livre me ramène à des sources de lectures bénies, celles de Dinard, et de son club lecture, bénis soient-ils.

Médiathèque de Dinard.

La bête, Catherine Hermary-Vieille, éd. Albin Michel, 2014.

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delphbientôtenvacances! 31/07/2015 13:18

...J'adore la chute, pour Dinard et son club de lecture!..Bisous

LSJ 31/07/2015 21:30

... Hi hi mais c'est tellement vrai ! :) Bisous !