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Le blog de la souris jaune

Comme les amours

20 Juillet 2014, 22:05pm

Publié par LaSourisJOne

Comme les amours

Bon, c'est dense. Espagnol. Absolument cérébral. Ca valait le coup de la lecture, parce que c'est intelligent, mais vraiment, vraiment, faut avoir de l'appétit ! Le rythme est extrêmement lent, les phrases très longues, tous les éléments de la narration passés au crible, au scalpel, rien n'est laissé sans analyse... Ouaou. On n'est pas mécontents d'avoir fini.

Alors ça parle de quoi ? Ca commence super bien, on se dit qu'on va le dévorer vite... Une jeune femme, Maria, a l'habitude avant son travail dans une maison d'édition le matin de se rendre dans une petite cafétéria prendre un café ; et tous les jours, elle y croise un couple, qu'elle admire, qu'elle adule, tant il respire la complicité, tant il est beau... Et puis un jour, le couple ne vient plus. Elle met quelques semaines à apprendre qu'en fait, l'homme a été sauvagement assassiné. Elle découvre un article de journal à postériori où sa mort est évoquée, avec une photo sanglante. Touchée, elle entre dans la vie de la femme, brièvement, mais le temps de recontrer le meilleur ami du couple... Et c'est là qu'un second roman dans le roman commence. Elle se prend de passion pour celui-ci, mais elle sait que leur histoire est sans lendemains. Elle le sait épris de l'épouse, et un jour, subrepticement, elle découvre, oh, terreur, qu'il a fait assassiner son meilleur ami... Suivent alors les questions, les interrogations, les réponses à ce propos... Responsabilité, déresponsabilité sont au coeur du récit. Ainsi qu'une vision pragmatique et noire de tous les rouages relationnels : les relations ne sont que nécessités... Belle allégorie de la disparition, puis de la réapparition, autour du Colonel Chabert de Balzac au coeur de ce livre, qui interroge, comme ce livre, sur la mort qu'il faut laisser à sa place : une fois mort, on ne peut plus réapparaître, car quelque soit la durée du deuil, on n'a plus de place ! Et puis on découvre aussi que le titre du livre découle des Trois mousquetaires, et de la qualification de Milady, condamnée à mort par Athos, "belle comme les amours"... C'est complexe, c'est dense, je n'aime pas forcément sa vision des choses, mais c'est plutôt fin. Sans doute un grand auteur, que je ne connaissais pas.

. Comme les amours, Javier Marias, éd. Gallimard, août 2013.

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